Spiritualités vivantes


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Geneva



Le temps presse...




" Il nous faut passer à l'étape suivante de toute urgence.
Sinon, le mental nous anéantira, car il est devenu un véritable monstre.
"

Eckhart Tolle





   Ce site *, qui n'est pas censé conduire au sourire béat qu'affichent les " gourous " de la littérature spécialisée, n'est le paravent d'aucune communauté et n'est affilié à aucune organisation. Il n'est pas non plus le reflet de l'enseignement d'un maître. Cependant, il contient tous les indices nécessaires au cheminement long et pénible qui aboutit au détachement du " moi ". En offrant un aperçu des multiples voies d'introspection qui éclairent la nature humaine jusqu'en ses ultimes profondeurs il répond aux questions fondamentales : " Qui " pense et agit ? comment et pourquoi ? En d'autres termes, le " moi " est-il une entité stable, durable, susceptible d'amélioration ? ou un agrégat temporaire et illusoire ?

   Ces textes ne constituent pas un amalgame de diverses croyances, tour de passe-passe très à la mode, mais montrent qu'à leur plus haut niveau les religions et les philosophies se fondent en une authentique science de l'esprit, libérée de tous les dogmes et des préceptes moraux imposés, bien différente de la commune psychologie. Ce qui est visé ici n'est pas une révolution dans la conscience mais une mutation globale de la conscience. Il ne s'agit plus de tourner en rond à la périphérie du " je ", mais d'en arracher, physiquement, les racines. Il importe, en transmutant ces textes en une réalité vivante, de se délivrer de l'avidité, de la haine et de la peur de la mort.

   L'urgence d'une telle mutation radicale, individuelle et collective, est évidente. Tant que la cause réelle des maux qui minent nos sociétés n'est pas dénoncée et éradiquée, tout espoir de sortir du chaos est totalement illusoire. Seul un esprit religieux libéré de toute religion, soutenu par un esprit politique affranchi de tout parti, pourrait consacrer la symbiose harmonieuse de l’humanité, de la nature, de l’univers.



*



    Aujourd'hui, en ce début 2009, alors que l’humanité entière plonge dans une crise financière, sociale et mentale, qui n'a pas fini de ravager, d'affamer et de tuer, il semble que le temps soit venu de nous poser sans plus attendre quelques questions fondamentales.
   Faute de quoi le navire qui gîte dangereusement restera aux mains des hommes qui tiennent la barre et nous dirigent droit sur les récifs. Des hommes irresponsables à qui nous avons abandonné le pouvoir, aveugles que nous sommes ! Des hommes enivrés par l'obsession funeste et criminelle de dominer et d'amasser. Ceux-là même qui refusent avec une arrogance stupéfiante et mégalomaniaque, contre toute saine évidence, de remettre en cause leurs agissements et le système qui leur a permis de piller et de saccager la planète. Un système dont ils prétendent - sont-ils fous ou totalement inconscients ? Immatures, certainement ! - que lui seul peut nous sauver. Vérité pour eux indiscutable et sacrée, au nom de laquelle ils envoient à la mort sans aucun état d'âme, dans un irrespect de la vie confondant et absolu, au mépris des lois de l'écologie les plus élémentaires, des millions d'humains, d'animaux et de végétaux.

   Dès lors, vu l’ampleur de la catastrophe, nous sommes en droit de nous demander s’il ne conviendrait pas de moraliser, réglementer, ou peut-être abandonner carrément - sans palabrer encore pendant des siècles – le capitalisme. Devrions-nous revenir vers le communisme ? Le socialisme ? La dictature ? La théocratie ?
   Non ! Nous avons vu, nous voyons, nous vivons les effets calamiteux des uns et des autres. Tous ont échoué. Aucun n’a su instaurer, même pour un temps bref, le futur heureux que tous ne cessaient de promettre. Faut-il pour autant se résigner ? Refaire du neuf avec du vieux ? Abandonner au monde des rêves tout espoir de justice et de fraternité ? Peut-être pas. Mais où trouver l’énergie d’innover ?

   N’est-ce pas la vision de cette misère économique, sociale, psychologique et spirituelle qui se propage sur la planète, et dont les conséquences font frémir, qui devrait engendrer la force de nous opposer à un destin qui semble inéluctable ? Ne devrait-elle pas nous inciter à chercher dans les profondeurs de notre désespoir, l’énergie et " la voie neuve " qui nous permettrait de bâtir une civilisation originale, " humanisée ".

   Cependant, la voie neuve ne s’ouvrira que lorsque nous aurons eu le courage de reconnaître nos égarements sur de fausses routes. Avons-nous compris que la violence ne débouchera sur rien ? Avons-nous compris que la non-violence ne débouchera sur rien ? ( Les deux ne sont-elles pas les deux faces de l'agressive volonté de dominer ? )
    Avons-nous compris que les réflexions sans fin aboutissent à des ajustements superficiels, inefficaces ? Peut-on concevoir qu'une voie novatrice appelle une approche radicalement neuve, jamais utilisée jusqu'à présent ? Une voie qui renonce, pour appréhender la Vie, au seul outil que nous connaissions : la pensée, cette sécrétion cérébrale vieillie, répétitive qui aujourd'hui, inconsciente de ses propres délires, engendre un désordre sans fin.
   Indispensable dans les domaines techniques, la pensée devient un fléau si elle sert la volonté de puissance, assouvit des intérêts égocentriques et prétend offrir, à l'individu ou à la société, une sécurité sans faille. Malheureusement, cette fonctionnalité incorporée par défaut à la machine cérébrale fait notre fierté et n’est jamais remise en cause. Nous aimons croire qu'elle nous distingue de l'animal qui lui, pourtant, n'a pas saccagé la planète.

   Comprendre la pensée, ses mécanismes, ses limites et ses effets pervers ne préoccupe pas du tout les " élites " qui nous dirigent. Celles-ci préfèrent abandonner le sujet aux philosophes, aux psys, aux religieux, sans réaliser que morceler le problème de l'homme, livrer son esprit et ses comportements au scalpel de multiples disciplines, c'est se condamner à ne jamais l'appréhender dans sa totalité unique, souffrante, à ne jamais atteindre la vision globale qui porte en elle la solution efficace de tous les problèmes. Nous adorons tellement compliquer, ergoter, disséquer, et nous enfermer dans le piège des mots, que nous finissons par y perdre la vie.

   Nos gouvernants, eux, ( qui, ne l'oublions pas non plus, sont le reflet des peuples qu'ils dirigent ) planent très loin de ces considérations ontologiques.
   Ils rêvent que le veau d'or ne meurt jamais et préfèrent se retrouver autour de mets raffinés pour mettre au point le renflouement de banques et d'industries qui pourtant n'hésitent pas, en vue d'augmenter encore et encore des profits faramineux et malgré des aides massives consenties sur le dos des contribuables, à jeter en masse sur la paille ou les trottoirs, leurs employés devenus " non rentables ". Aucun de ces dirigeants à qui nous avons - très stupidement, répétons-le - confié notre sort, n’a intérêt à chercher le pourquoi de cette chasse éperdue aux profits. Car se demander pourquoi nous amassons inutilement des fortunes inimaginables c’est commencer à découvrir la cause sous-jacente de ce comportement inepte, de cette avidité frénétique. Et cette vision nous forcerait naturellement à un changement radical de conscience et de comportement, nous mettrait en contact direct avec l’impersonnelle et harmonieuse intelligence de la Nature. Mais qui le souhaite ?

   Sans nous appesantir sur les origines de l’Homme, avouons que notre parcours sur cette planète a toujours été chaotique, risqué, effrayant et que sans doute, il y a quelques millions d'années, nous n'aurions pas misé un centime sur les chances de survie de " Lucy ". Pourtant, notre espèce a survécu. Malgré les fauves, les maladies et les accidents climatiques. Mais peut-on imaginer l'état de peur dans lequel ont vécu nos ancêtres ? Peut-on imaginer cette peur se transformant en terreur, s'insinuant en chaque fibre du corps, au fur et à mesure que le cerveau se développe et s'organise, créant dans le même temps la conscience, de plus en plus aiguë, de la précarité de l'existence ?

   Au musée de Pretoria, un diaporama restitue un instant de notre vie primitive : des humains sans défenses, terrifiés, pétrifiés devant l'entrée d'une caverne, seront dans quelques secondes décimés par l'attaque foudroyante d'un fauve. Ce diaporama reste pour moi l'illustration la plus réaliste de l'aventure humaine, de son cheminement ponctué de mille drames quotidiens et de la peur qui hanta les jours et les nuits de nos fragiles ancêtres.

   L'âge d'or de l'humanité est un mythe. Bien que la plupart de nos ennemis d'hier aient été vaincus, la peur dans laquelle ont vécu nos ancêtres nous habite encore. Masquée par mille artifices, elle est toujours prête à bondir, à nous envahir, à nous paralyser.
   Non, la PEUR n'a pas cédé d'un pouce ! Pire, l'observation attentive montre qu’elle-même nous fait perdre la raison au point de nous convaincre que l’accumulation des biens, des armes, des techniques, nous offrira une protection toujours plus efficace, voire définitive. Mais contre quoi ? " La faim, le froid, la maladie, répondrez-vous, et contre les mille agressions qui nous pourrissent la vie ! " Sans doute, mais encore…rien d’autre ? Contre la mort peut-être ? Mais oui !..." Mais c'est bien sûr ! " Contre la MORT ! Contre l'extinction irrémédiable de ce qui nous tient le plus à coeur : NOUS-MEME !... Notre corps si choyé, nos idées, nos rêves, nos convictions si remarquables, indéracinables, nos souvenirs si jalousement gardés. Mais oui, c’est bien cette grande peur là, horrifiante, rejetée dans les tréfonds de la conscience, qui dicte pourtant nos actes, se cache derrière mille petites peurs et infeste notre quotidien,

    Malheureusement, nous devons nous faire une raison, si beaux que soient les lendemains promis par la science, les techniques et la médecine, aucun abri n’est assuré, tous sont précaires. La mort sera toujours là, à attendre avec une infinie patience, demain, deux cents, trois cents ans même, s’il le faut… peu importe. Tout, et l'argent en particulier, n'est qu'abri illusoire contre cet inexorable engloutissement de nos espérances. Aux aguets, suivie comme son ombre par la peur qui hante les tréfonds de nos consciences, elle ne nous lâchera jamais. Pourtant, ce terme implacable souvent éprouvé comme une défaite, une injustice, voire une punition, doit être accepté. Nous devons accepter l'inacceptable afin que l'humanité s'ouvre aux profondeurs insoupçonnées de la Vie. Nous devons accepter l'inéluctable pour atteindre un état de conscience inconnu, libre de toute peur, où l'Homme découvrira qu'il a besoin de peu pour vivre heureux et réalisera que son destin ultime n'est pas son éphémère passage sur terre, mais ailleurs, au plus intime de lui-même.

   Nous avons - peut-être - encore trois secondes, certainement pas d’avantage, pour qu’une prise de conscience brutale nous force à un changement radical et nous ouvre la voie de l’Intelligence. Et je formule le vœu insensé * que les textes proposés ici, qui visent tous la cause évidente de notre aveuglement, nous y aident.


* Il rejoint celui de Vimala Thakar exprimé en 1974 déjà, à la fin de son livre " La bénédiction d'être vivant ":

   " L'homme qui est fatigué et exténué du contenu des prétendues cultures et civilisations du monde entier, l'homme qui est épuisé par l'activité mentale, l'activité cérébrale, et qui ne peut, cependant, se passer de l'usage du cerveau, est à la recherche d'une solution, d'une issue.

   En tant qu'amie, je souhaite pour vous que la transcendance de tout ce terrible héritage du passé vous soit possible. Vous transcendez quelque chose qui est en vous et vous vous trouvez au-delà de tous les conditionnements et de toutes les limites, et dans cet espace de silence, enrichi par l'énergie non cérébrale, vous vous découvrez être une personne totalement différente.

   C'est la transformation fondamentale qui peut prendre place, et de tels êtres humains deviennent les cellules vivantes d'une révolution totale, d'une transmutation totale, qui est nécessaire, instamment et gravement nécessaire, aujourd'hui."

Gilbert Anken




Cet espace Web, conçu pour Internet Explorer, contient 3 sites réunis en un seul : " Aguilar " - anciennement " Quasar " - ( ici ) contenant " prose " et " poésie ". " Rivages intérieurs ", recueil d'écrits personnels, et un site concernant les " élixirs floraux de Bach ". Retirés d'Internet il y a un peu plus d'un an, ils y retrouvent leur place aujourd'hui. La situation critique de l'humanité et de la planète est la seule justification de ce retour.
   Nota : La page des " liens " n'est accessible que depuis cette page d'accueil.









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