Réveillez-vous, réveillez-vous, ô égarés !
Vos religions sont subterfuges des Anciens.
Ils disent que le Temps mourra bientôt,
Que les jours sont à bout de souffle.
Ils ont menti – ils ignorent son échéance.
N’écoutez pas ces champions de fourberie.
*
Les gens voudraient qu’un imâm se lève
Et prenne la parole devant une foule muette.
Illusion trompeuse – il n’est d’imâm que la raison,
Notre guide de jour comme de nuit.
*
Nos jours nous dévorent,
Comme si les heures passaient parmi nous,
Telles des lionnes.
*
Ce qui caractérise l’existence
Ses maux se paient comptant,
Ses biens ne sont que promesses.
*
Puisque le monde d’ici bas est tel qu’il est, laisse-le,
Même si toutes les étoiles te sont propices.
*
Foi, incroyance, rumeurs colportées,
Coran, Torah, Evangile
Prescrivant leurs lois…
A toute génération ses mensonges
Que l’on s’empresse de croire et consigner.
Une génération se distinguera-t-elle, un jour,
En suivant la vérité ?
Traduit de l’arabe par Adonis
Et Anne Wade Minkowski
Fayard – L’espace intérieur
Paris l988