" On me nomme souvent le fossoyeur. Certains croient que je suis violent et destructeur. Mais je ne puis construire sans détruire, car les caresses légères ne peuvent réveiller les gens. "
Gibran
" C'est une des plus grandes souffrances qui soit que de vouloir communiquer quelque chose de capital avec son cœur et son esprit, et de ne trouver personne pour l'accueillir. C'est une souffrance non seulement pour celui qui parle, mais pour vous qui écoutez. "
Krishnamurti
" Puissé-je être un puits sec dans lequel les passants jettent des pierres. Car il est moins pénible d'être tari que d'être une source d'eau vive dédaignée de toutes lèvres. "
Gibran
" Nous ouvrons des portes, mais ils n'entrent pas. "
Aymon de Windhoek
" Et je pense au gracieux prince qui dressait sa tente de soie entre la montagne et le désert; il envoyait ses esclaves pour observer la route et voir s'ils pourraient en ramener un invité. Mais les sentiers du désert étaient impitoyables et ils ne virent personne. "

" Tu aimerais sans doute que je sois l'eau d'une fontaine dans laquelle tu pourrais plonger ta coupe à loisir...mais je serai le déluge qui te submergera, car ta perte est le tremplin de ton salut. "
Hajjar Gibran

" Il y a des choses que je dis et qui se déposent en l'homme sans rien éveiller en lui. Mais ces paroles roulent de cet homme vers son voisin, et de ce voisin à quelqu'autre homme, et tout au bout de leur course, elles trouvent un cœur où, tout au fond, se loger. "
Nahman de Bratslaw


Retenu par la douceur de tes envoûtements
séduit par l'éclat doré de ton regard
j'avais oublié les vents qui - là-bas
jouent dans les nuages
et négligé les vagues puissantes qui - sans relâche
battent le flanc des îles
Sur un rivage inconnu
où chaque coquillage est une illusion morte
l'aube m'a retrouvé et consolé
Pourquoi ces larmes ?
Tu es vent
vague
nuage

L'aube chasse les fantômes de la nuit
Réminiscence des âges sinistres
où les cavernes enfantaient des hommes
Supplice d'un chemin
sur lequel - à l'ombre des siècles
rôdent la peur et la haine
Souvenance des amours mortes
des trahisons - des larmes - du sang
versé sur l'autel de l'espoir
L'humanité aurait-elle - dès l'origine
fait fausse route ? *
* Question soulevée par Krishnamurti et D.Bohm in " Le temps aboli ".

J'ai fouillé l'inconscient comme un chien fouille une poubelle et, comme le chien, je n'ai trouvé que des déchets.


La tragique beauté des ruines nous révèle l'essence du monde.

L'eau ne dit pas
je suis l'eau
elle coule
Le feu ne dit pas
je suis le feu
il dévore
Quant à toi
sans rien dire
chevauche le vent

Jalousie
Un rapace s'offre au fils du Nord
Sa souplesse - son élégance - son abandon
insultent l'ours que je suis

Un peuple meurt de faim
qu'y puis-je ?
Un autre est assassiné
qu'y puis-je ?
Personne n'écoute la Sagesse
qu'y puis-je ?

" Qui veut la cime ne craint pas l'abîme. Qui veut la lumière supporte la souffrance des ténèbres ".
I.Schwaller de Lubicz

" Les seuls véritables monastères sont les tempêtes de l'existence. "
Zéno Bianu

Qui peut empêcher le vent de souffler ?
L'océan de faire des vagues ?
Le volcan de tout calciner ?
Qui peut empêcher le " moi " de nous suicider ?

Chaque homme porte en lui le germe de toutes les guerres.

Quelques éternités
et autant d'univers
séparent nos routes
Humanité !
Vers quel abîme te précipitent tes rêves ?


Ce monde vaut-il...une pensée ? ...une larme ?

Pourquoi
jour et nuit
siècle après siècle
avoir jeté ce cri
" Eveille-toi ! " ?
Pourquoi - à un mourant
parler de vivre ?
Pourquoi ?

Aux plus profondes ténèbres
j'ai arraché une fleur de lumière
Personne n'en veut
pourquoi ?


Mots pour ne rien dire
Toute la nuit
le vent a chanté pour les étoiles
Ce matin
il neige

Rêve immense !
Où l'on se perd, se retrouve - sans cesse
De l'enfer aux étoiles
il croise la voie des voleurs
et celle des sages
Tendre ou cruel
fleuve aux mille visages
il traverse les vies et les morts - sans fin
Aujourd'hui
de ce rêve étrange
qui m'éveille ?
Je ne sais

Gaza

Les palmiers qui dansent sur la colline des sept vents
murmurent-ils encore ton nom ?
Les vagues qui chaque matin reviennent jouer sur ces rivages
se souviennent-elles de nous ?

Pourquoi
ce soir
dans ma mémoire
tes yeux si noirs ?
Pourquoi cet infini de dunes
cette plage immense
croisée de nos chemins solitaires ?
Pourquoi
ton sourire
tes caresses
ton parfum
offerts aux nuits d'Orient ?
Pourquoi
ton corps - comme une pierre
à jamais ?

Folie
Une éternité d'errance
sur des chemins de nuit
Une éternité
de cimes en abîmes
à chevaucher... du vent !

En souvenir du monde
Je me croyais au printemps
j'ai semé
C'était l'hiver
rien n'a germé

De moi à moi
Tu regardes la carte et dis
là est une source !
Mais tu n'avances pas
Tu crèves - desséché
dans un désert de théories

Golf 91

Sur feu et sang
s'étirent d'âcres fumées
D'Arabie à l'Himalaya
à midi
il fait nuit
Est-ce l'Ordre Nouveau
qu'un pantin promis ?

Nos efforts se perdent en d'impossibles déserts ;
nos espoirs ressemblent à ces lacs qui flottent à la surface du sable et que
chaque nuit évapore.

" Le monde est un fantôme rempli d'ours et de loups
s'arrachant des lambeaux de solitude. "
Yves Simon

Don de l'Egypte antique

Notre nature intime détermine notre naissance en un lieu donné, à un moment donné.

Entre neige et sapins se faufile un ruisseau
mille étoiles s'échappent de son eau
Entre " si " et " mais " court mon ego
et mille espoirs menteurs me croient idiot

Le Y-King est un sextant pour naviguer sur l'océan des rêves.

Une bougie dessine des ombres immobiles
la fontaine berce le sommeil des hommes
dans l'air glacé scintillent les étoiles
La nuit est le royaume de l'Amour

Il y eut des chuchotements
des gémissements
un cri
Plus tard tu murmuras
" Toujours et partout je te suivrai "
" Ne parle pas ainsi !
Tu ne sais pas où je vais "

O vie !
J'ai lavé tes fards
arraché ta robe nuptiale
Triste vieille femme !

Où s'en vont-ils ?
Avec qui partagent-ils leurs secrets ?
Ces solitaires qui chaque nuit
chevauchent les vents

Qu'il traverse des nuées d'orages ou le désert
le Chemin reste - à jamais
Vie et lumière

L'aspect du maître est imprévisible. On l'a vu, dans un bouge,
partager le vin des ivrognes. On le croit mort alors qu'il veille et parfois,
dans un désert, ses murmures ont la puissance de la foudre.

Que ce soit ton visage, infiniment proche du mien, ou ces
galaxies qui tournent aux confins de l'univers, tout est passé.


Chaque nuit
du Sahara au désert d'Arabie
je danse sous les étoiles
Chaque jour
au fond d'une caverne
j'oublie les dieux et les hommes

Pour un instant sauvage
pour un regard qui chavire
quel prix ?


Marchant sous la lune
comptant les étoiles une à une
pourquoi suis-je si triste ?
Tu me manques...simplement

L'Amour ne laisse même pas de cendres.

L'humanité ?
Une puce sur le dos d'un très vieil éléphant

Aucune illusion à se faire !
Nous rendrons le monde tel que nous l'avons trouvé
en parfait désordre !
En ce beau jour d'été 2008, cette affirmation est devenue obsolète :
Nous rendrons le monde à l'agonie...ou mort.

Sans carte ni boussole, je paniquais dans le désert. Parmi les pistes qui s'entrecroisent et les dunes pareilles
à des vagues de tempêtes, comment garder la juste direction ? " Tu as voulu venir, dit un compagnon, assume ! ".

Rose et or
l'aube se lève sur les dunes
Un murmure parcourt le désert
une race va
une autre vient

L'un affirme
Connais-toi toi-même
et tu connaîtras l'univers et les dieux
L'autre ajoute Oublie-toi toi-même
et tu connaîtras la Vie

Crépuscule
Le soleil - par delà l'horizon
éclaire la folie d'autres hommes
La lune éveille les étoiles
Ici ou là
porté par le vent qui s'enfuit - grondant
vers les terres d'Orient
le chant d'un oiseau

En quête d'une immuable vérité
à des sages
à des fous - j'ai parlé
En vain

Les vents se taisent ou rugissent
mais - si puissants soient-ils
ils ne peuvent - pour toi
hisser les voiles et lever l'ancre

" Le sage n’est pas celui qui sait résoudre les problèmes, mais celui qui sait ne pas les créer ".
Auteur inconnu

En un jour
les bourgeons deviennent feuilles
Des millénaires - peut-être...
d'un enfant feront un adulte

Combien ont rebroussé chemin
pour s'en aller bavarder
en de sordides tavernes ?
Combien, dans le désert
ont abandonné leur prince
pour suivre une caravane de brigands ?
Combien ?

Il n'est de véritable amitié que celle dont on n'a pas besoin.

Ce monde ?

Au fond d'un puits sec
les os des voyageurs trahis

Enfin une réponse...
Puiser de l'eau
fendre du bois
mettre la soupe dans la marmite
et la marmite sur le feu
voilà l'unique raison de la venue de Boddhidharma en Chine…

Silence absolu - profond
Un rayon de lune errant
glisse sur le mur
s'attarde sur le lit
caresse le chat
disparaît lentement
Obscurité absolue - profonde
Dans une prochaine vie
je serai silence et - à mes moments perdus
rayon de lune…

Iras-tu - sur des chemins de lumière
respirer le parfum des roses ?
Iras-tu ? Un jour ? Jamais ?
Ne dis plus " Je suis aveugle ! "
Ouvre les yeux !

L'univers ?
Une poussière

Au regard des temps insondables
qu'est-ce que l'aventure humaine ?
Celui qui craint d'infliger la souffrance
ou de la recevoir
celui dont les mots étouffent l'être
et qui excuse les lâchetés présentes
par les douleurs passées
celui qui n'ose entrer dans la lumière
ni plonger dans les ténèbres
celui-là n'est pas un guerrier
Il n'est qu'une parole creuse
dans un monde de rien

Vers l'ultime simplicité ?
Vagues et vents - sans fin
grondent ou murmurent
le soleil se lève
le soleil se couche

Synagogue
temple ou mosquée ?
Voie du Fleuve ?
Voie de la Foudre ?
Pourquoi - à perte de vie - se quereller ?
Fi des maîtres !
Fi de leur agitation !
Fi de leur séculaire bavardage !
Tous les chemins s'égarent

Les mirages dissipés
le monde se révèle
un vaste désert

Ne rêve pas
sur ces rivages nus
d'allumer mille feux
Une vague t'a déposé là
une autre te reprendra
Le voyage est sans fin
en aucun lieu
ne rêve d'allumer mille feux
La lune pâle - sur des chemins de galaxies
éclaire le souvenir
d'un visage - d'un corps
Mais le vent qui hante la palmeraie
murmure encore et encore
l'éternelle évidence
le voyage est sans fin
une vague t'a déposé là
une autre te reprendra
En aucun lieu
ne rêve d'allumer mille feux
Une à une
le vent disperse les dunes
et le Temps - jour après jour
vide le sablier
Une nuit de tempête
l'océan a mélangé mes larmes à ses embruns - puis
des abîmes liquides une voix s'est élevée
Une vague t'a déposé là
une autre te reprendra
En aucun lieu
ne rêve d'allumer mille feux

Dans l’attente de vaines promesses
de jour en jour
toute ma vie est passée
A croire qu’au bout de l’effort
tôt ou tard s’offrirait la récompense
toute ma vie est gâchée
Ami - crois-moi !
Le Temps est comme le vent
il ne change que l’écume des vagues
De vieux livres sont ses serviteurs – menteurs
qui laissent à croire
que Demain est un grand guérisseur
Marcherais-tu encore cent mille siècles
dans les larmes et la souffrance
écrasé de savoir et d’interrogations
que tu serais encore à cent mille lieues de la vérité
Ami - crois-moi !
Le Temps est comme le vent
des profondeurs de l’Océan
il ignore les secrets...
à jamais !

Sans regret ni amertume
renoncer au monde
Le quitter en y restant
Cesser de tourner en rond
mettre un terme à la Quête
renoncer à l'Eveil
entrer dans sa vie - enfin
Oublier " moi "
oublier d'où l'on vient
partir seul
on ne sait où
Sans devenir
ni ceci ni cela
sans attente - immuable
être soudain
plus léger que le vent
Plus un mot... plus un mot... plus un mot

J'ai dansé et chanté avec la vie
mais ce n'était qu'un rêve d'enfant
La fête s'achève
Au terme du chemin
des roses - fanées
La mort est un lever de soleil
banal et magnifique
le sourire d'un nouveau jour
après les fatigues des ténèbres


Je me suis soucié de mes traces
des heures présentes
des jours à venir
De ces vains tourments
un vent léger m’a libéré
et - d’un rire
j’ai rendu ce monde au néant

A vous - ombres errantes
divaguant sur des chemins de nuits …
La quête ? une maladie
Les maîtres ? des bateleurs
Les enseignements ? bla bla bla

L'aube éveille le désert.
A l'est, lueur d'incendie
A l'ouest disparaît la lune
Qu'importent les deux mondes ?
J'ai brisé ma lyre
et pris le vent pour compagnon
De moi - désormais
plus aucune trace

Le Secret des secrets ?
Oublier le " moi "
entrer dans la vie

Qu’est-ce que la vie ?
C’est l’éclat d’une luciole dans la nuit
C’est le souffle d’un bison en hiver
C’est la petite ombre qui court dans l’herbe
et se perd au coucher du soleil
Crowfoot

Poème " d'avant la mort "...
Au dernier souffle du Temps
à l'heure des ténèbres victorieuses
libre de chagrin
oubliant le monde en détresse
vide de « moi »
sur le sentier étroit
le voyage sans retour
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