Fulgurance des cuivres
lamento des cordes
pépiements d'oiseaux - morts
Grondement de tonnerre - crescendo
vers quelle hallucination ?
Rupture
Pas lourds des basses
inexorable marche
vers quel abîme ?
Explosion de super novae
chute de cendres stellaires
Cataclysme d'apocalypse
roulant les races confondues
vers d'insondables cimetières
où coule
après elles
l'oubli
Ainsi s'efface la mémoire des erreurs divines
Mais ton chant
couvrant les espaces livides
demeure
de nos espérances englouties
l'immortel suaire
* * *
La pluie tombe
sur mes heures dernières
Le rêve glauque
souvenir éclaté
enfante le silence
A Dieu mon âme !
A Dieu mon corps !
Vous redevenez
dans le vide dissous
enfants du néant
Il pleut
sur mes secondes dernières...
* * *
Tu viens enfin - ponctuelle
m'arracher à ce monde pétrifié
Quel vêtement
pour la fête qui s'achève ?
Sois nu et approche ! Dis-tu
Me voici...
et le mirage s'évanouit
J'ai rêvé d'infini !
me voici point infime
J'ai rêvé de cimes de lumière !
Je retourne à la terre
J'ai voulu découvrir d'autres rivages
me voici aux portes de l'oubli
Ces rêves - O mort
je te les rends
Mais ne les mets pas dans ma tombe
Laisse-les rôder en ce monde
car - en ma demeure d'éternité
je veux être seul
* * *
Sur la dune
une ombre joue de la flûte
Dans la nuit
j'entends le murmure des galaxies
Le Temps s'étire
en souples spirales
et voici
lovée sur d'antiques civilisations
l'Eternité - frémissante
enfantant l'Homme Nouveau
que demain...
elle détruira
* * *
Le dirai-je assez ?
J'ai - à la folie
aimé ce monde
m'offrant au rêve
d'être paré
de ses étincelantes vanités
Las ! Gloire et pouvoir m'ont fui
et plus ne resta
que misère noire
Dès lors
explorant d'effrayantes profondeurs
j'ai cherché
Dieu - Le Diable - ou la Trinité
Las encore !
Des uns ou des autres
je n'ai entendu le moindre murmure
Les abîmes sont vides
Ni dehors
ni dedans
il n'est de réconfortante certitude
Et je me demande même
si celui qui chercha exista jamais
ou s'il ne fut
d'un rêve
qu'un instant malheureux
* * *
Agitant les hautes herbes
le vent court sur la plaine
Dans un champ de blé coupé
trois corneilles bavardent
Plus loin
un paysan rentre ses vaches
Plus loin encore
un cavalier - fantomatique
émerge des brumes du soir
* * *
Gaza, le 16 décembre 1979
pour Christina
Le vent, hier, a cueilli la dernière fleur du jardin; pour ton anniversaire les vases resteront vides. Mais qu'importe ? Puisque tu es, toi, la plus vivante des fleurs.
* * *
Sur
"Love Theme"
de
Midnight Express
De longues harmonies
planent
sur l'océan serein
Une barque passe
voiles ouvertes
De grands oiseaux
embrassent le soleil levant
Un homme - solitaire
danse avec la brise
Le Ciel épouse la Terre
et - sur les tombes
descend la paix
* * *
En souvenir de trop de lecture
Mille livres brûlent
souffle d'Enfer
cendres éparpillées
fumée délétère
asphyxie d'un rêve
Mots menteurs
magiciens noirs
sur vide blanc
trame de mirage
signes de rien
Je vous maudis...
d'avoir tant cru en vous
* * *
Aux cathares
Le vent qui court
sur Peyrpertuse
Puylaurens
ou Monségur
ne porte que le silence
Quelques pierres
accrochées à d'arides précipices
marquent votre passage - fugace
Dans la forêt de Grésigne
les loups se sont tu et
dans les Pyrénées
nul sentier ne retient la trace de vos pas
Fils de la Lumière !
Sept siècles de ténèbres vous ensevelissent
et jamais ne reverdira le rameau !
Le vent qui court
sur Peyrpertuse
Puylaurens
ou Montségur
ne porte que l'oubli
* * *
Panne d'électricité à Gaza
Larmes de nuit
les étoiles cascadent dans la mer
vers d'autres lumières
parures de cent chalutiers
alignés sur l'horizon mouvant
Le vent a fui la ville éteinte
enfoncée dans son rêve fou
de paix - de liberté
Le silence pèse
sur le tombeau des espoirs
qui renaîtront demain...
pour une agonie sans fin
* * *
Voudrais-tu visiter mon jardin secret ?
Tu le pourrais
le portail – rouillé
est ouvert
Mais tu n’y trouverais
que roses fanées
os blanchis
cendre dans les allées
quelques noms effacés
sur des tombes brisées
et pas un souffle de vent
pour te conter ma vie passée
Ecoute plutôt
dans l’étrange silence du cœur
les murmures du présent
* * *
Tour de magie
Un regard à droite
Un regard à gauche
et...hop !
Plus personne
C'est la vie !